7e Régiment de Chasseurs

La miellerie d’Alexandre Cousin, à la citadelle, c’est l’abeille au bois dormant

JEUDI 24.05.2012, 03:43 - La Voix du Nord
vendredi 25 mai 2012

Alexandre Cousin va pouvoir allier convictions personnelles et activité professionnelle. Cet Arrageois de 27 ans, militant écologiste, crée une miellerie pédagogiqueà la citadelle. Dix ruches seront installées dès le mois de juin, dans un espace boisé.

par Benoît Fauconnier (arras@lavoixdunord.fr)

Il est comme un poisson dans l’eau, Alexandre Cousin. Ou plutôt comme une abeille dans son rucher. Dans cet espace boisé de 1 500 m², au milieu duquel est posée une modeste cabane de brique, il se sent chez lui. C’est sur la discrète demi-lune Saint-Fiacre, derrière la chapelle, que ce militant écologiste et historien balise son avenir professionnel, en ouvrant une miellerie pédagogique. La première ruche a été installée le week-end dernier. Neuf autres la rejoindront d’ici juin.

« Ici, il y a une diversité d’oiseaux incroyable », dit-il avant d’entrer dans le vif du sujet. Retiré, cet espace aurait eu du mal à trouver preneur, estime Alexandre Cousin. Lui y a trouvé son bonheur. Disposant de six ruches à titre personnel, il a voulu en faire son métier. « Je me suis dit que j’allais avoir des ruches rapidement. Les abeilles sont en péril à cause de l’utilisation des pesticides et de l’agriculture productiviste. Je suis écologiste, je porte des idées. Je voulais un retour à l’essentiel, j’ai besoin d’un contact réel avec la nature.

C’est aussi un acte militant », explique Alexandre Cousin, conscient que le projet sera tout juste rentable. « Mais ce n’est pas une start-up. Si je voulais faire de l’argent, je ferais autre chose. C’est un choix de vie », justifie-t-il.

Son idée a trouvé un débouché en accéléré avec la « libération » de la citadelle. « J’ai interpellé la communauté urbaine pour savoir si un site pouvait accueillir des abeilles. J’ai eu des retours d’endroits potentiels », se souvient Alexandre Cousin. La demi-lune Saint-Fiacre a retenu son attention : « C’est l’endroit idéal, fermé par une grille, un peu à l’écart, dans un environnement boisé. Les abeilles se plaisent dans les environnements forestiers. » Contrairement à ce que véhiculent les idées reçues, la situation en ville a des avantages : « Il y a fait un peu plus chaud qu’à la campagne, et surtout il n’y a pas de produits phytosanitaires. » Le local de 40 m², qui a servi de poudrière, puis de pièce d’exercices militaires avec des gaz, sera réaménagé à partir de septembre. « Le plafond voûté lui donne du cachet », estime Alexandre Cousin. L’espace sera suffisant pour assurer la vente du miel des ruches, et accueillir le public pour des séances pédagogiques.

Une baie vitrée sera créée dans un mur, pour avoir une vue sur les ruches. Une maison des abeilles, transparente, avec ouverture vers l’extérieur, sera installée dans le local, tout comme un poêle à bois. Les dix ruches devraient être disposées à l’extérieur, en deux endroits. « Je travaille avec l’abeille noire, une souche rustique présente en Europe du Nord, abandonnée ici après un travail fait sur l’hybridation des abeilles, pour qu’elles produisent plus de miel. C’est une abeille assez douce », décrit l’apiculteur, qui installera deux types de ruches : des ruches Dadant, à extensions en hauteur, et des ruches kenyanes, celles ancestrales, en Afrique, agrandies de manière horizontale, et avec extraction manuelle du miel. « C’est un changement de vie », reconnaît Alexandre Cousin, qui devrait être prêt à accueillir le public dès le mois d’octobre, dans son petit coin de paradis.


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